Les autorités soudanaises ont appelé à juger les Forces de soutien rapide (FSR), accusées de commettre des atrocités dans la ville d’El-Fasher, capitale du Nord-Darfour, récemment tombée sous leur contrôle.
KHARTOUM – Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, le ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, Khaled Al-Eyser, a dénoncé les exactions des FSR. « Les forces de soutien ont terrorisé les civils à El-Fasher et à Bara », a-t-il déclaré, ajoutant que « ces milices ont tué des habitants de sang-froid dans la ville de Bara, au Nord-Kordofan ».
Le ministre a exhorté les médias locaux et internationaux à exposer les violations commises par les milices à El-Fasher.
Parallèlement, le gouvernement régional du Darfour a annoncé un lourd bilan humain : plus de 2000 personnes auraient été tuées dans la capitale du Nord-Darfour. Selon le responsable de l’information de la région, les chiffres exacts restent inconnus en raison de la coupure des communications et du chaos généralisé. Il estime toutefois que le nombre réel des victimes dépasse largement les statistiques actuelles.
Il a également précisé que les FSR auraient exécuté 700 civils lors de leur entrée dans la ville dimanche dernier, avant de tuer plus de 450 malades, blessés et membres du personnel médical à l’hôpital saoudien. En outre, plus de 300 enlèvements auraient été recensés, les victimes étant retenues contre rançon.
De son côté, Hassan Al-Nabi Mahmoud, membre du mouvement « Tassiss », allié des FSR, a nié toute « boucherie » à El-Fasher, tout en annonçant la formation de comités d’enquête pour vérifier les éventuelles violations.
La situation humanitaire inquiète également la communauté internationale. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a rapporté mardi avoir reçu des témoignages d’« exécutions sommaires et de violences sexuelles » commises par des groupes armés lors des assauts sur la ville, évoquant une « escalade d’actes de violence atroces » depuis la chute d’El-Fasher.
Un rapport du Humanitarian Research Lab de l’Université Yale, étayé par des images satellites et des vidéos, a confirmé des « exécutions massives » après la prise de la ville. Le rapport évoque un « processus systématique de nettoyage ethnique délibéré » visant les groupes non arabes, notamment les Fur, les Zaghawa et les Berti.
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