ALGER – L’Algérie accélère ses efforts pour bâtir une véritable base industrielle dans le domaine des énergies renouvelables, avec l’ambition de renforcer sa sécurité énergétique, de réduire sa dépendance aux importations et de s’adapter à la croissance rapide du marché mondial des technologies propres.
Cette stratégie repose notamment sur le développement d’une industrie locale de fabrication de panneaux solaires ainsi que sur la mise en place de chaînes de valeur intégrées couvrant l’ensemble du processus de production, depuis les matières premières jusqu’aux produits finis.
L’année 2025 a marqué une avancée significative dans cette direction grâce au lancement de discussions autour de plusieurs projets industriels. Parmi les initiatives les plus importantes figure le partenariat stratégique conclu entre le groupe algérien Elec El Djazaïr (ELEC) et la société chinoise Longi, l’un des leaders mondiaux des équipements photovoltaïques. Cette coopération vise à renforcer les capacités industrielles nationales et à soutenir l’émergence d’une filière locale compétitive dans le secteur du solaire.
Parallèlement, les autorités poursuivent leurs efforts pour approfondir l’intégration industrielle à travers un projet stratégique portant sur la création d’un complexe intégré dédié à la production de verre solaire. Cette future installation devrait atteindre une capacité annuelle de 1,53 million de tonnes, tout en incluant des unités spécialisées dans la valorisation du sable siliceux, une ressource abondante en Algérie.
Cette approche permettrait de construire une chaîne de production complète, capable de transformer localement les matières premières avant leur intégration dans les équipements destinés aux installations photovoltaïques.
Cette dynamique intervient dans un contexte marqué par une forte expansion des énergies renouvelables dans le monde arabe. Selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie, la capacité installée dans les dix principaux pays arabes a atteint 48,08 gigawatts à la fin de l’année 2025, contre 36,57 gigawatts en 2024. Cette progression a entraîné une hausse importante de la demande en panneaux photovoltaïques, en turbines éoliennes et en équipements liés à la production d’énergie propre.
Face à cette évolution, de nombreux pays de la région considèrent désormais le contenu local et la fabrication nationale comme des leviers stratégiques. L’objectif ne se limite plus à l’installation de centrales renouvelables, mais vise également à créer de la valeur ajoutée, à générer des emplois qualifiés et à favoriser le transfert de technologies.
Dans cette course à l’industrialisation verte, plusieurs pays arabes cherchent à attirer les investissements internationaux. L’Arabie saoudite ambitionne ainsi d’atteindre un taux de localisation industrielle de 75 % d’ici 2030. De son côté, l’Égypte a signé des accords d’investissement dépassant 420 millions de dollars pour développer des complexes industriels dédiés à la fabrication de cellules photovoltaïques, de panneaux solaires et de systèmes de stockage d’électricité. Le Sultanat d’Oman et la Tunisie ont également renforcé leurs programmes de production d’équipements destinés au secteur des énergies renouvelables.
Malgré cette dynamique régionale, le principal défi demeure le passage de l’assemblage à une véritable production industrielle intégrée. Cette étape est considérée comme déterminante pour assurer la viabilité à long terme des projets arabes, dans un marché mondial encore largement dominé par la Chine.
Le géant asiatique conserve en effet une position dominante sur l’ensemble de la chaîne de valeur des technologies renouvelables, depuis la production de polysilicium, de wafers et de cellules photovoltaïques jusqu’à la fabrication des composants destinés aux éoliennes.
Selon les experts du secteur, l’Algérie dispose néanmoins d’atouts importants pour renforcer sa position dans cette industrie stratégique. Le pays bénéficie notamment de ressources naturelles abondantes nécessaires à la fabrication de plusieurs matières premières essentielles, ce qui pourrait lui permettre de développer une industrie intégrée capable de répondre à la demande nationale tout en visant, à terme, les marchés régionaux et internationaux.
Le rapport souligne enfin que le succès des pays arabes, y compris l’Algérie, dépendra de leur capacité à mettre en place des chaînes de valeur complètes, associant exploitation des ressources, transformation industrielle, innovation technologique et formation des compétences. Une telle stratégie pourrait favoriser la transition d’économies principalement consommatrices de technologies vers de véritables pôles industriels spécialisés dans les énergies propres et la transition énergétique.
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